Musique #8 : « Camarade » (1969)

Alors que je me promène comme tous les lundis au milieu des lectures qui (me) soutiennent, je lis cet article, où il est question de la mort d’un homme; tombé à terre dans le hall désert d’une banque, seulement ouvert aux clients venant retirer de l’argent dans les fameux DAB, distributeurs automatiques de billets.

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Au moins cinq personnes sont entrées dans cet établissement sans apporter la moindre attention ni le moindre geste à cet humain, étendu là par terre. Ils sont venus faire ce qu’ils étaient venus faire : retirer des espèces du mur magique. Ils et elles ont enjambé le corps, et sont repartis. L’article nous indique qu’ils ont été filmés, qu’ils seront probablement poursuivis.

Mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui apparaît, c’est que « le vieil homme meurt de l’indifférence des autres qui sont eux-mêmes en quelque sorte des automates bancaires vivants ». C’est « une mort d’aujourd’hui, qui est aussi l’allégorie de l’état actuel de notre société », écrit Götz Eisenberg.

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Se raconter : bon pied, bon œil.

Quand les tourbillons bouillonnent et les bouillons tourbillonnent j’ai la bouille tourmentée qui bout – sans portant, bien qu’à bout

et pourtant c’est important

de le jeter, quelque part, que ce soit crié, gravé dans l’air, même sans mémoire et sans traces et d’ailleurs, qui nous dit qu’il n’y en a pas ?

A bout de quoi ? D’une façon de se jeter dans les tours du bouillon, le tour-bouillon, alors même que, encore pas fini, on ne savait pas regarder les yeux – l’objet regard a surgi plus tard – là les regards Autres pèsent trop lourd sur une psyché avec un défaut d’origine, avec une mauvaise pièce d’usine, un sens en moins, puis revenu à demi.

Un jour, quand une monture est arrivée sur mes mirettes, au grand galop, sans crier gare – coup de sifflet : une fin, et le début d’autre chose.

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Vers un racisme (vraiment) français ?

C’est le blog de Christine Delphy, un article de Gérard Noiriel.

Le blog de Christine Delphy

Vers un racisme (vraiment) français ?

Par Gérard Noiriel, historien, avec l’aimable permission de l’auteur. Publié d’abord dans le Monde du 25.09.16.

Les politiciens de tous bords se ­livrent aujourd’hui une concurrence effrénée pour capter les pulsions sécuritaires et xénophobes qui traversent l’opinion. Ce phénomène n’est pas inédit. Il s’est déjà produit dans les années 1930.

Dès le début de cette décennie, la droite et l’extrême droite rendent les immigrés responsables de la très grave dépression économique qui vient d’éclater. La France ferme ses frontières, mais des centaines de milliers de migrants fuyant les régimes totalitaires tentent de trouver refuge dans le pays des droits de l’homme. La crise sociale et les antagonismes politiques alimentent une violence dans laquelle sont impliqués parfois des étrangers.

En 1932, le président de la République française, Paul Doumer, est assassiné par un réfugié russe ; en 1934, le ministre des affaires étrangères, Louis Barthou, périt dans un attentat…

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