Musique #8 : « Camarade » (1969)

Alors que je me promène comme tous les lundis au milieu des lectures qui (me) soutiennent, je lis cet article, où il est question de la mort d’un homme; tombé à terre dans le hall désert d’une banque, seulement ouvert aux clients venant retirer de l’argent dans les fameux DAB, distributeurs automatiques de billets.

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Au moins cinq personnes sont entrées dans cet établissement sans apporter la moindre attention ni le moindre geste à cet humain, étendu là par terre. Ils sont venus faire ce qu’ils étaient venus faire : retirer des espèces du mur magique. Ils et elles ont enjambé le corps, et sont repartis. L’article nous indique qu’ils ont été filmés, qu’ils seront probablement poursuivis.

Mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui apparaît, c’est que « le vieil homme meurt de l’indifférence des autres qui sont eux-mêmes en quelque sorte des automates bancaires vivants ». C’est « une mort d’aujourd’hui, qui est aussi l’allégorie de l’état actuel de notre société », écrit Götz Eisenberg.

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Musique #5 : Hurt not the earth (début 1970’s)

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« They’ll keep heading for total destruction »

Le « ils » dont parle Little Roy représente les scientifiques que pour ma part j’assimile aux scientistes – vous savez les personnes qui ont adopté une foi totale dans la capacité de la science à tout résoudre, y compris ses propres dégâts. Il a été élève en « building engineering » dans la Jamaïque des années 1960 avant de quitter sa formation et de devenir rastafarien. Lire la suite

Musique #3 : Truth don’t die (1998)

 

Une des rares fois où je suis allé à Paris, j’ai fait une crise d’angoisse terrible près de la Place d’Italie rien que d’imaginer la surface phénoménale de l’implantation urbaine sans qu’il y ait une haie ou un fossé, réalités infiniment rassurantes pour moi. Comme on peut avoir « intériorisé », ou plus : « incorporé » ! Les symptômes de mon malaise étaient surtout corporels. J’ai les haies et les fossés dans la peau, et si c’est ça être un bouseux, j’en suis.

Mais j’ai aussi un autre souvenir de Paris : Lire la suite

Musique #2 : Better Days (2010)

J’ai entendu Clinton Fearon pour la première fois lors d’une émission de radio sur France Culture, en 2011 je crois. Il était l’invité musical d’une invitée, dans une sorte de (courte) chaîne d’invitation qui est plaisante à la radio. Ce jour là, c’était Hélène Lee qui était la première invitée, et qui avait souhaité entendre Clinton Fearon et le Boogie Brown Band en plateau. Lire la suite